Ma nouvelle vie - extrait
111 Pendant ma partie de foot, on entend quelques rafales mais rien d’inhabituel même si Dadinho est toujours sous tension. Mais cette fois-ci le crépitement repart et se prolonge sans fin. Quand soudain nous voyons nos voisins accourir vers nous, on commence à se poser des questions. Sans hésiter, Dadinho se précipite vers la maison. Il a un mauvais pressentiment, très mauvais même. Je le suis. Après une course effrénée jusqu’au sommet de la favela, c’est le choc. À bout de souffle, les jambes coupées, nous nous retrouvons en face de notre maison. Et là… quel carnage ! Sous nos yeux, une dizainede cadavres gisent à terre, lesunspar-dessus les autres. Et parmi eux, je reconnais Daniele ! Mon frère baigne dans son sang qui coule de son corps inanimé. Face à cemassacre, mon pèreme fixe du regard avec quelque chose de fou dans les yeux. Sans mentir, je sens la tempête déferler sur moi, mais ce n’est pas le moment d’y penser. D’un coup, mon père me balance une gifle puis me frappe à coups de poings. Il m’éclate, me tabasse. C’est tellement violent que je n’ai pas de mots pour décrire la scène. — C’EST DE TA FAUTE, CARLOS ! C’ÉTAIT TON TOUR DE GARDE ! me hurle-t-il. Il me colle la mort de Daniele sur le dos alors que ce n’est ni le moment ni le lieu de m’accuser publiquement. Je bande toutes mes forces pour l’écarter de moi. Puis je lui échappe et me mets à courir. Je cours sans m’arrêter quand Dadinho me
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